Fix-Saint-Geneys Histoire de la commune

Entre Auvergne et Velay
La formation de la commune de Fix-Saint-Geneys
(par Roger Maurin)

 Fix ( latin finis : confins, frontière, limite ) constitue probablement depuis l’époque gauloise la frontière entre le pays des Vellaves et celui des Arvernes. Les diocèses ont souvent emprunté les limites des anciens « pagus » gaulois or Fix est le point de contact entre le diocèse du Puy et celui de Saint-Flour. Sous l’ancien régime, il y avait en effet à Fix deux paroisses :

  • Saint-Geneix–de-Fix rattachée au diocèse du Puy, archiprêtré de Saint-Paulien,
  • Saint-Julien-de-Fix rattachée au diocèse de Saint-Flour, archiprêtré de Langeac. Cette paroisse comprenait outre le bourg de Saint-Julien-de-Fix, les villages ou hameaux de Veyrac, La Bastide, Aubaron et Villeneuve.
Entre Fix-haut et Fix-bas

Entre Fix-haut et Fix-bas

Les deux églises étaient distantes de moins de 300 mètres. L’une d’elles a disparu ( Saint-Julien) , elle était située avec son cimetière derrière l’actuelle maison Gueyffier. La limite entre les deux paroisses était l’ancien chemin qui longe la propriété Coiffier à l’ouest.

Deux communes sont créées en 1790, leurs territoires sont les mêmes que ceux des paroisses. Le 21 mars 1790, les habitants de Saint-Julien-de-Fix assemblés à la maison curiale demandent que leur commune soit rattachée au canton de Paulhaguet car ils ne veulent jamais être séparés du marquis de La Fayette, seigneur de leur municipalité. La commune de Saint-Geneix–de-Fix est rattachée, elle, au canton d’Allègre.

Le 9 décembre 1792, l’an Ier de la République, l’assemblée générale des habitants

tenue dans l’église Saint-Julien-de-Fix élit le conseil général de la commune. Les suffrages étaient alors donnés à voix basse auprès de trois scrutateurs préalablement désignés. Sont élus : Maire,  Amable Charretier, notaire à Villeneuve, Procureur, Jean-Baptiste Locussol, Membres, Jacques Bernardon, Jean Bernardon, Jean-Pierre Clergeat, Jean Lamy, Pierre Morrin, Pierre Romeuf, Hiacinte Varenne et Charles Vialle. Le 30 ventôse an II ( 20 mars 1794 ), une sorte de référendum a lieu dans la ci-devant chapelle de Villeneuve en vue de confirmer ou de révoquer ce conseil. Le vote a lieu à l’aide de fèves noires et blanches qui sont déposées dans une urne. Le Maire, Amable Charretier, est confirmé dans ses fonctions à l’unanimité. A partir de 1792, même si formellement le chef lieu de commune demeure à Fix, dans la réalité des faits, c’est à Villeneuve, village beaucoup plus important que Fix bas et où réside le Maire, que se prennent les décisions.

Ces deux communes vont changer de nom plusieurs fois durant la période révolutionnaire. De Vendémiaire an III ( octobre 1794 ) à Brumaire an IV ( novembre 1795 ) Saint-Geneix–de-Fix s’appellera Fix-La-Montagne et Saint-Julien-de-Fix deviendra Fix-Bas. Fin Brumaire an IV, elles reprennent leurs anciens noms mais ces dénominations ne sont pas stables et elles sont parfois désignées par Fix-bas et Fix-haut, termes qui, de nos jours, sont encore utilisés par les habitants. Enfin, en Brumaire an XI ( novembre 1802 ) Saint-Julien-de-Fix devient Fix-Villeneuve.

Dans les années 1840, de part et d’autre du col de Fix, la route royale est déviée. Les belles lignes droites qui conduisaient, à l’est, de Pont de Limandre à Fix par la Baraquette et à l’ouest, de Villeneuve à Fix par Lux (Luc) sont trop pentues pour l’époque, alors on construit une nouvelle route dont les virages sont restés célèbres durant des décennies. Aujourd’hui, curieusement, l’actuelle nationale 102 suit à peu de chose près l’ancien tracé d’avant 1840.

Le souvenir de deux provinces

Le souvenir de deux provinces

Suite à la loi du 21 mai 1858, la section B de Fix-Villeneuve comprenant les villages ou hameaux de Fix-Bas, Veyrac, La Bastide et Aubaron est réunie à Fix-Haut pour former la commune de Fix-Saint-Geneys telle qu’elle existe aujourd’hui. Une petite parcelle de l’Auvergne et une petite parcelle du Velay ont été réunies pour former une entité cohérente de part et d’autre de la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Loire et de l’Allier.

Quant aux sections A et C de Fix-Villeneuve elles sont détachées pour former une commune distincte. Par délibération en date du 29 août 1858, la nouvelle commune de Villeneuve demande à prendre le nom de Sainte-Eugénie-de-Villeneuve en l’honneur d’Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III.

Roger MAURIN

 Sources : Archives départementales de la Haute-Loire : registre des délibérations de Saint-Julien-de-Fix, état-civil des 2 communes,  minutes du notaire Amable Charretier, plans cadastraux « napoléoniens ».

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