l’église de lissac

L’église de Lissac 

(D’après une étude de René Bore publiée dans le bulletin historique de la Société académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire tome LXXXVIII) 

Lissac était, au XVIe siècle une des vingt-quatre villes closes du Bailliage du Velay. En 1025 le bourg appartient à la famille des Mercoeur d’Auvergne. L’église dépend du chapitre cathédral Notre-Dame du Puy, avant 1256, pour la collation et l’administration. Le titre de baron de Lissac fut de date immémoriale l’apanage annuel du chanoine ou Monsieur qui représentait le chapitre dans le parlement diocésain.
Place LissacNous savons, d’après le registre des délibérations du Chapitre Notre-Dame du Puy, que des réparations sont effectuées dans le chœur et à la sacristie en 1755.
En 1762, des réparations sont réalisées à la maison prieurale.
En 1808, une cloche est coulée sur place.

L’église « reconstruite à peu près tout entière à diverses époques et notamment en 1828, écrit Charles Rocher en 1876, révèle sa haute antiquité par les boiseries vermoulues, les naïves peintures byzantines du chœur, dont le caractère jure avec le badigeon malencontreux qui afflige les murailles, et aussi par son abside romane, ornée de ces têtes d’animaux fantastiques si chères aux artistes du moyen-âge. » Évoquant le clocher, « la portion la plus originale de l’édifice est cet étrange campanile qu’on prend de loin pour le donjon d’une place forte ? C’est une tour carrée, avec trois étages séparés à l’intérieur par des voûtes compactes. […] Au-dedans de la tour et sur la paroi verticale du chœur, on remarque des arcades semi-circulaires ou a plein cintre. Ces ogives dénotent sûrement une nef contemporaine des premiers âges, le vaisseau d’une chapelle primitive avec piliers, colonnes, travées et transept. Il est clair que l’église moderne remplace une chapelle seigneuriale […] ce qui s’explique moins c’est la tour massive, bizarre coupole élevée au-dessus de l’édifice plutôt par la guerre que par la religion. Nulle part on ne trouve un pareil clocher, et ce dôme excentrique, sans harmonie avec le surplus de l’œuvre qu’il couronne, reste une énigme architecturale, à moins d’en faire le débris d’un manoir disparu. »
Il reste cette description pour connaître cet édifice car, de l’église vue par C. Rocher, il ne reste rien aujourd’hui, on peut reprendre sa formule : « l’église a depuis été reconstruite à peu près tout entière ».

Cette reconstruction a été l’occasion de réaliser un plan de l’édifice avant travaux, plan de 1888, dressé par l’architecte départemental E. Riboud, qui nous permet d’avoir une vision de l’extérieur du bâtiment, de mieux comprendre la description de C. Rocher, en particulier du clocher.

L’année 1888 voit une intense activité de la part des bâtisseurs de Lissac, église et clocher vont être presque entièrement reconstruits et donner l’église que nous avons sous les yeux.

L’abside a été réduite, donnant une plus faible proportion au chœur dont la voûte en cul-de-four a été reconstruite, la nef a été agrandie d’une travée, ce qui a impliqué la reconstruction de la totalité de la façade ouest, avec le portail. Deux chapelles latérales ont été bâties dans la première travée, formant un transept et donnant à l’édifice une forme de croix latine avec des bras très courts ; le mauvais plafond a été remplacé par une voûte en berceau, ce qui a impliqué la création des renforts, à l’intérieur en créanPortail Lissact des arcs de soutien (en réalité surépaisseur des murs) et disparition d’une fenêtre au nord (deuxième travée). Les fenêtres sont ornées de vitraux portant le nom des donateurs. À l’extérieur, la construction de la chapelle nord a impliqué la modification de l’escalier d’accès au clocher avec un angle de quatre-vingt-dix degrés.

Le portail provient de la chapelle de la commanderie de Montredon, après avoir été mutilé.

Le financement a été assuré par un don de 10 000 F de Dom Louis Garnier, né à Lissac en 1804, religieux de la Grande Chartreuse, dont le nom figure encore aujourd’hui sur les bouteilles de la liqueur.

En 1890, la commune prend à sa charge la reconstruction du clocher. La partie basse n’est pas touchée par cette restructuration. Une flèche est édifiée. Les cloches sont au nombre de deux : l’une est datée de 1808, l’autre de 1506 (Bernard Sanial).

 

Baraque de Champagne Saint-Paulien

Chemins et baraques autour de Saint-Paulien
( par Roger MAURIN)

Une baraque est une construction en planches servant de relais le long d’une route. Lorsqu’elle se pérennise, elle est construite en dur et devient un cabaret ou une auberge accueillant les voyageurs et leur fournissant éventuellement des chevaux frais. C’est un indicateur indiscutable attestant de l’ancienneté d’une voie.

Il existait de nombreuses baraques sur notre territoire ; elles étaient souvent situées à des carrefours ; certaines ont disparu comme la baraque de Laulet sur la route d’Allègre, au carrefour entre le chemin montant de Pontïbout et celui partant sur Peylemoutou, ou encore celle se trouvant sur le chemin de Saint-Paulien au Monet, tout de suite après le carrefour de Pontïbout et avant celui qui, à droite, conduit à Biausse ; d’autres se sont transformées en fermes, comme celle de Chasseleuil en bordure du chemin du Puy à Vorey.

La baraque de Champagne, aujourd’hui isolée et à l’écart des routes pose question.Baraque de Champagne Voilà une très ancienne auberge qui a subi un incendie au début du XXe siècle. L’écurie a disparu mais restent en place l’auberge avec son four à pain, le portail, pouvant être « barré » pour la nuit, et la cour pavée dans laquelle avait été prévu l’écoulement des eaux usées et du purin ; la partie incendiée fermait complètement cette cour et l’étable « moderne » construite vers 1905 dans le prolongement de l’auberge n’assure plus la fonction sécuritaire de l’ancienne écurie.

 L’auberge de Champagne a appartenu à différents propriétaires. On en connaît deux d’après un compoix de 1745 : Claude Lescure puis Blaize Béringer. Lors de l’établissement du cadastre napoléonien, en 1811, elle appartient à Mathieu Truchet dit « L’estableu ». Elle deviendra ensuite la propriété de la famille de la Rochelambert qui la vendra au grand père de l’actuel propriétaire, Maurice Bouchet, de Saint-Paulien.

 Pour comprendre le rôle joué par l’auberge de Champagne, il faut d’abord savoir que la route d’Allègre et celle de Lissac que l’on emprunte aujourd’hui en voiture n’existaient pas encore. L’auberge se trouve alors à un carrefour de six chemins :
- le chemin venant de Saint-Paulien par Bourbouilloux, encore accessible à pied et même, depuis qu’il a été débroussaillé, à cheval, en VTT, à moto ou en tracteur,
- le chemin conduisant à Vérignac et à Drossac. Celui-ci a disparu, seule une haie en limite de propriétés permet de retrouver son tracé,
- le chemin de Lissac et des moulins (Thory et Barniers) qui franchit le Merdansou à gué,
- le chemin conduisant à Marcilhac et au moulin de Saissaguet transformé plus tard en usine électrique ; ce chemin franchit la Borne sur un délicieux petit pont de pierre qui a été récemment restauré
- le chemin d’interfluve qui, vers le sud, permet de se rendre au Puy après avoir traversé le Bourbouilloux à Borne,
- le chemin qui, vers le nord, conduit à Céaux et à Allègre avec un embranchement sur la Chaise Dieu à la hauteur de l’ancienne baraque de Laulet.

 Ces chemins suivis durant des siècles par nos aïeux retrouvent  une seconde jeunesse grâce à ceux qui les empruntent aujourd’hui : randonneurs à pied, à cheval, à vélo ou à moto. Puissent-ils ainsi être préservés !