Baraque de Champagne Saint-Paulien

Chemins et baraques autour de Saint-Paulien
( par Roger MAURIN)

Une baraque est une construction en planches servant de relais le long d’une route. Lorsqu’elle se pérennise, elle est construite en dur et devient un cabaret ou une auberge accueillant les voyageurs et leur fournissant éventuellement des chevaux frais. C’est un indicateur indiscutable attestant de l’ancienneté d’une voie.

Il existait de nombreuses baraques sur notre territoire ; elles étaient souvent situées à des carrefours ; certaines ont disparu comme la baraque de Laulet sur la route d’Allègre, au carrefour entre le chemin montant de Pontïbout et celui partant sur Peylemoutou, ou encore celle se trouvant sur le chemin de Saint-Paulien au Monet, tout de suite après le carrefour de Pontïbout et avant celui qui, à droite, conduit à Biausse ; d’autres se sont transformées en fermes, comme celle de Chasseleuil en bordure du chemin du Puy à Vorey.

La baraque de Champagne, aujourd’hui isolée et à l’écart des routes pose question.Baraque de Champagne Voilà une très ancienne auberge qui a subi un incendie au début du XXe siècle. L’écurie a disparu mais restent en place l’auberge avec son four à pain, le portail, pouvant être « barré » pour la nuit, et la cour pavée dans laquelle avait été prévu l’écoulement des eaux usées et du purin ; la partie incendiée fermait complètement cette cour et l’étable « moderne » construite vers 1905 dans le prolongement de l’auberge n’assure plus la fonction sécuritaire de l’ancienne écurie.

 L’auberge de Champagne a appartenu à différents propriétaires. On en connaît deux d’après un compoix de 1745 : Claude Lescure puis Blaize Béringer. Lors de l’établissement du cadastre napoléonien, en 1811, elle appartient à Mathieu Truchet dit « L’estableu ». Elle deviendra ensuite la propriété de la famille de la Rochelambert qui la vendra au grand père de l’actuel propriétaire, Maurice Bouchet, de Saint-Paulien.

 Pour comprendre le rôle joué par l’auberge de Champagne, il faut d’abord savoir que la route d’Allègre et celle de Lissac que l’on emprunte aujourd’hui en voiture n’existaient pas encore. L’auberge se trouve alors à un carrefour de six chemins :
- le chemin venant de Saint-Paulien par Bourbouilloux, encore accessible à pied et même, depuis qu’il a été débroussaillé, à cheval, en VTT, à moto ou en tracteur,
- le chemin conduisant à Vérignac et à Drossac. Celui-ci a disparu, seule une haie en limite de propriétés permet de retrouver son tracé,
- le chemin de Lissac et des moulins (Thory et Barniers) qui franchit le Merdansou à gué,
- le chemin conduisant à Marcilhac et au moulin de Saissaguet transformé plus tard en usine électrique ; ce chemin franchit la Borne sur un délicieux petit pont de pierre qui a été récemment restauré
- le chemin d’interfluve qui, vers le sud, permet de se rendre au Puy après avoir traversé le Bourbouilloux à Borne,
- le chemin qui, vers le nord, conduit à Céaux et à Allègre avec un embranchement sur la Chaise Dieu à la hauteur de l’ancienne baraque de Laulet.

 Ces chemins suivis durant des siècles par nos aïeux retrouvent  une seconde jeunesse grâce à ceux qui les empruntent aujourd’hui : randonneurs à pied, à cheval, à vélo ou à moto. Puissent-ils ainsi être préservés !

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